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Premiers pas en exoplanétologie : retour sur 30 années de découvertes

29 janvier | 18 h 00 min 20 h 00 min

Lucile Mignon, docteure en astrophysique – chargée de Recherche – CNRS

Depuis un peu plus de trente ans, la découverte des exoplanètes a profondément bouleversé notre vision des systèmes planétaires. Alors qu’avant 1995 notre système solaire constituait l’unique référence pour comprendre la formation et l’évolution des planètes, la détection de la première exoplanète autour d’une étoile de type solaire, 51 Pegasi b, a marqué un tournant majeur. Cette planète géante a remis en question les modèles établis et ouvert la voie à une révision complète de nos théories de formation planétaire. 

Dans une première partie, cette conférence reviendra sur cette découverte fondatrice et montrera comment elle a conduit à la réémergence du concept de migration planétaire, jusqu’aux modèles actuels qui permettent de mieux comprendre l’architecture de notre propre système solaire. 

La seconde partie proposera un panorama des exoplanètes connues à ce jour, plus de 6000 objets confirmés, en s’appuyant sur les trois grandes méthodes de détection : les vitesses radiales, les transits et l’imagerie directe. Cette incroyable diversité de mondes, des géantes brûlantes aux super-Terres et aux planètes lointaines, révèle une véritable « zoologie » planétaire, bien différente de ce que nous avions imaginé. 

Au-delà des découvertes individuelles, c’est la combinaison de ces méthodes qui a permis de dépasser la simple détection pour amorcer la caractérisation physique de ces objets, en contraignant leurs masses, leurs rayons, leurs densités, et parfois la présence d’une atmosphère. Dresser le bilan global de ces observations met ainsi en lumière les enjeux actuels et futurs de l’exoplanétologie : repousser les limites de la détection vers des planètes encore inaccessibles, comme les analogues de la Terre, tout en exploitant la complémentarité des techniques pour caractériser toujours plus finement certains de ces mondes, prélude à l’étude de leurs atmosphères et de leurs climats.

Chargée de recherche au CNRS depuis 2024, Lucile Mignon a effectué l’intégralité de son parcours (licence, master, doctorat) à l’université Grenoble-Alpes, dont les dernières années (M2, doctorat) au sein de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (IPAG) où elle travaille actuellement, après un passage de 2 ans (post-doctorat) à l’Observatoire de Genève. Spécialisée dans la recherche d’exoplanète, elle coordonne d’importants programmes d’observation menés sur des télescopes situés au Chili et à Hawaï. Ce qui ne l’empêche pas de s’impliquer dans des observatoires français plus proches, et surtout à l’Observatoire de Haute Provence, où elle a d’ailleurs eu sa toute première expérience dans les télescopes lors de son stage de 3eme, il y a presque 20 ans. De manière plus précise, son expertise réside dans la détection de la population planétaire au très proche voisinage solaire, autour des petites étoiles, dans le but d’en avoir le recensement le plus exhaustif, garantissant ainsi la meilleure compréhension de ces systèmes et de leur formation. Elle met cette expertise au service de la communauté Européenne, notamment par la préparation des futurs programmes d’exoplanétologie de l’Extremely Large Télescope encore en construction aujourd’hui, dont les opérations commenceront à l’horizon 2035.

Théâtre des 2 Mondes

71 Cours Taulignan
Vaison-la-Romaine, 84110