Programme du mois

Jeudi 1er février 2018

Qu’est-ce qu’une maison bulle ?

par Axel Maire architecte, diplômé de l’ENSA de Marseille.

Au travers de l’analyse d’une maison singulière, construite à Visan (Vaucluse) entre 1978 et 1981, nous nous intéresserons de manière plus générale à la mouvance d’expérimentations sur le logement se développant dans les années 60 et 70.

À contre-courant du mouvement moderne, alors courant principal de l’architecture, un certain nombre de maisons individuelles seront construites selon des principes nouveaux (forme libre, courbes), permis par l’utilisation de nouveaux matériaux (béton, résines, plastiques, textiles, etc.) et le développement de nouvelles techniques de construction (voile de béton, béton projeté, etc.).

Aujourd’hui, on rassemble ces constructions sous le terme de « maison-bulle », mais il convient de questionner ce terme au regard de la production architecturale de l’époque, pour en comprendre le sens.

Axel Maire est architecte. Elle a suivi ses études à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille (ENSAM), à l’exception de sa quatrième année, réalisée à La Sapienza à Rome, dans le cadre du programme Erasmus.

Diplômée d’état en juin 2016, elle intègre l’agence Vezzoni & Associés, une agence de renom marseillaise. Entre temps, elle a obtenu son Habilitation à la Maîtrise d’œuvre en Nom Propre (HMONP) en novembre 2017.

C’est lors de sa cinquième année d’études en architecture qu’elle a choisi de s’intéresser à ce qu’on appelle les « maisons-bulle » et en particulier une maison construite à Visan dans le Vaucluse, la Maison Butscher. Elle a alors rédigé un mémoire dont l’intitulé était : « La maison Butscher n’est pas une maison-bulle ».

Mardi 6 février 2018

La musique à l’ère du numérique

par Thibault Plantevin, musicien, professeur de musique

Crise et mutation ? Quels impacts le numérique a-t-il sur la musique de point de vue culturels et économiques ? 

Questions sur

  • la réception de la musique (les supports, le streaming…)
  • la consommation musicale (avec la numérisation de la musique…),
  • la création musicale (avec l’intelligence artificielle…),
  • les instruments de musique (le synthétiseur par exemple, le BAO-PAO…).

Thibaut Plantevin est musicien avant tout. Il a une riche formation et expérience musicales. Depuis le solfège, la pratique chorale et le violon, avant de découvrir les percussions et le saxophone au conservatoire de Carpentras, puis d’Aix-en-Provence. Il continue avec l’harmonie et le contrepoint – «pour le plaisir», dit-il. Il participe à de nombreux orchestres aussi différents que des big band jazz, symphoniques, de variété, traditionnel provençal. Il poursuit sa formation de direction de chœur et travaille avec des compositeurs contemporains.

Professeur au collège et au lycée de Vaison-la-Romaine, il est formateur associé à l’IUFM d’Aix-en-Provence; et également interlocuteur académique pour les nouvelles technologies de l’enseignement (IANTE).

Mardi 13 février 2018

Le logiciel libre comme bien commun

par Alain Riffart, professeur agrégé de lettres honoraire

Le logiciel libre ET les « Communs ». Le lien entre ces deux choses, ces deux pratiques plus que concepts, sera l’objet de ma conférence…

En ces temps de commémoration des grands hommes, cette conférence se voudrait un modeste hommage à une grande économiste, Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009, et décédée dans le silence assourdissant des médias le 12 juin 2012. Elle a osé, contre l’avis général de la doxa économique, montrer la pertinence d’une gestion commune de l’eau.

Je commencerai donc mon intervention par un rappel de l’histoire du logiciel libre. J’essaierai de montrer comment les logiciels libres, perçus essentiellement comme des objets techniques, hors du champ sociétal et politique, nous placent à travers les luttes qui furent menées par les acteurs de leur développement, devant des choix fondamentaux d’organisation sociale et éthique. Laisserons-nous la part belle aux logiciels propriétaires qui font de nous de simples consommateurs maintenus dans l’ignorance ou participerons-nous au développement et à la pérennisation de ce bien commun : le logiciel libre ?

Alain Riffart a obtenu en 1971 une agrégation de Lettres Modernes et a exercé pendant toute ma vie active dans des lycées. Cette agrégation fut un long détour dans sa vie : une classe préparatoire à l’E.N.S.E.T., section … lettres. Puis l’informatique à l’école. Dans le cadre d’un plan « l’informatique pour tous à l’école », il été retenu pour une année de formation à la faculté de Luminy. Ce fut l’expérience TO7 et MO5. Des revues de programmation fleurissaient. Chose incroyable, des élèves de collège s’intéressaient à la programmation. Puis, il y eut le B2i, le C2i, et le commerce s’en est mêlé, Microsoft aussi. « Et alors que nous étions dans l’apprentissage de la programmation, on remplaça cette formation par une vague approche utilitaire du clavier, du traitement de texte…Et très rapidement on entendit des enfants dire qu’ils faisaient du Word, ou de l’Excel… Et souhaitons qu’on oublie la marque Word comme on a oublié que le Frigidaire était un réfrigérateur.

La messe était dite nous reculions de 10 ans et nous avons gâché 30 ans. Mais le logiciel libre est toujours bien vivant après une longue évolution qui a enrichi intellectuellement et humainement tous ceux qui ont participé à sa diffusion et à sa défense ».

Jeudi 15 février 2018

L’habitat participatif : la citoyenneté au coeur de l’habitat

par Pierre Lévy, diplômé de sciences sociales, fondateur et directeur de l’association Regain

A l’instar des pays nordiques, l’habitat participatif est depuis quelques années en plein développement en France. Mais quels défis se cachent derrière ces nouvelles démarches, qui réinstallent le citoyen au cœur du projet de conception et de production de son logement et réinvente un mode de vie plus écologique et collectif ? Comment permettre à plusieurs dizaines de personnes de s’entendre, entrer dans une démarche d’apprentissage et créer la confiance suffisante pour faire aboutir la construction d’un ensemble immobilier de plusieurs millions d’euros ? Comment faire vivre l’idée de propriété collective dans une filière de l’habitat ou promoteurs, banquiers, assurances, notaires… ne reconnaissent que la propriété individuelle ? Quelle place donner à des citoyens ‘non sachant’ dans la conception d’immeubles collectifs alors que les architectes, même s’ils peuvent voir l’intérêt de dialoguer avec cette maitrise d’usage, sont cernés de contraintes et n’ont souvent ni les outils ni le temps pour s’engager dans ce type de démarche ? Et plus profondément, quels nouveaux rapports de l’individuel au collectif l’habitat participatif réinvente-t-il ?
L’intervenant, accompagnateur de projets d’habitat participatif et lui-même habitant, présentera comment ces défis résistent à l’épreuve de la réalité à travers deux projets d’habitat participatif : les Colibres à Forcalquier (11 logements en autopromotion) et Etoilie à Avignon (36 logements en locatif et accession sociale réalisés en partenariat avec la coopérative HLM Maison Familiale de Provence).

Pierre LEVY, socio-anthropologue, est le fondateur et le directeur de ‘REGAIN’ qui propose depuis 2010 de l’assistance à maitrise d’ouvrage sur les projets d’habitat participatif et anime le réseau citoyen de l’habitat participatif en PACA. Il est par ailleurs Trésorier de la Coordin’action Nationale des Associations de l’Habitat Participatif et habite depuis novembre 2017 aux Colibres, projet d’habitat groupé écologique réalisé en autopromotion à Forcalquier.

Mardi 20 février 2018

Le baroque en musique

par Antoine Abou, maître de conférences honoraire, sociologue

La musique de l’époque baroque (1600-1750) est actuellement l’une des « grandes » musiques à la mode, si l’on considère la multiplicité des festivals et leur succès. Elle est même populaire, à en fredonner les tubes comme le canon en ré de Pachelbel, l’adagio d’Albinoni ou la toccata en ré mineur de Bach, même si on en a oublié les titres et parfois même les compositeurs !

Oubliée pendant deux siècles, redécouverte largement dans les années 1950, cette musique « historique » suscite des disputes d’interprétation entre les défenseurs de l’authenticité qui prônent l’utilisation d’instruments anciens accordés à un diapason plus grave et les tenants de la modernité qui soutiennent que la musique doit être accordée avec son temps. Vieille histoire à répétitions que ces querelles entre les Anciens et les Modernes.

Quoi qu’il en soit, il y a probablement en chacun de nous quelque chose de … baroque, et la musique n’en a pas fini d’être inspirée par ce style vivant, émouvant, exubérant, ornementé, parfois jusqu’à l’extravagance.

Antoine Abou a suivi des études de philosophie à la Sorbonne. Enseignant en École normale, il a été directeur d’études pour la formation des professeurs de collège et de l’enseignement technique. Il a obtenu un doctorat de sociologie par un travail sur « L’école dans la Guadeloupe coloniale ». Il a alors créé une licence et une maîtrise de sciences de l’éducation à l’Université des Antilles et de la Guyane. Mélomane et musicien, mais aussi ayant le goût de l’image, Antoine Abou aime proposer des conférences qui associent images, textes et musique, comme ce sera le cas lors de cette conférence.