Le monde de l’opéra

Les mardis

Dans notre option musicale, après la mélodie, le rythme, le souffle, et un cycle de musique et de danse qui a duré deux ans, l’opéra est le nouveau thème de l’année. Un thème fédérateur s’il en est, tant l’ambition de l’opéra est celle d’un « spectacle total » qui allie la musique instrumentale et chantée, le texte, la danse, la poésie, le théâtre, les décors, la lumière…

Certes une année est bien courte pour aborder tous les sujets, mais nous avons choisi, avec des spécialistes capables de se faire comprendre de tous, de présenter des aspects très divers de ce spectacle qui a longtemps été le divertissement des princes et le fief des classes dirigeantes et dont on peut se demander s’il a encore un rôle à jouer dans nos sociétés actuelles. Voilà pourquoi un sociologue ouvrira la session avec une conférence sur l’opéra et ses publics.

Nous sommes en Provence où l’on aime chanter et où Gounod s’est associé à Mistral pour créer Mireille, un poème d’amour mis en musique : c’est André Gabriel, célèbre professeur de galoubet-tambourin, qui nous parlera de l’opéra en Provence.

Un opéra sans voix, c’est comme « une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête » : ça n’existe pas ! Ce sont les prouesses vocales des chanteurs qui ont fait la renommée de l’opéra italien. Ce sujet complexe sur lequel nous avons beaucoup à apprendre sera présenté par Virgile Deslandres, philosophe, violoncelliste, comédien et … chanteur lyrique.

Dans l’histoire de la musique, les opéras sont innombrables et peu, peut-être une centaine, forment les réserves du répertoire mondial. Mozart est sans doute l’un des créateurs les plus populaires d’opéras. Mais le connaît-on vraiment ? Pas sûr, c’est ce que nous dira un de ses grands spécialistes, le pianiste et chef d’orchestre Mark Foster. La « Carmen » de Bizet, qui mit tant de temps à entrer à l’Opéra de Paris, est l’œuvre la plus jouée au monde, donnant lieu à une multitude de versions dont récemment celle, diversement appréciée, d’Olivier Py. François Castang n’aura que l’embarras du choix pour nous les faire découvrir.

Avant l’existence d’enregistrement sur rouleau puis sur disque, on n’avait pas d’autres moyens de diffusion que de jouer en live la musique. Pour les opéras il était difficile de les divulguer et de les jouer à la demande autrement qu’en les transcrivant pour piano. C’est ce que Liszt a fait par exemple pour Wagner, Verdi et bien d’autres. C’est ce que le grand concertiste virtuose François-René Duchâble fera pour nous au piano en janvier.

Et pour terminer l’année, il était nécessaire de faire le point sur l’opéra aujourd’hui, pas sur les nouveaux habillages d’opéras classiques mais sur la création contemporaine. C’est ce sujet qui clôturera le cycle avec un de ceux qui est le mieux placé pour en parler, le compositeur et flûtiste suisse Gérard Zinsstag, auteur notamment d’un opéra bouffe d’après Alfred Jarry créé au début des années 2000.

1. Jeudi 6 novembre 2014

L’opéra et ses publics
par Antoine Abou, maître de conférences honoraire, Sociologue

L’ambition de l’opéra est celle d’un « spectacle total » qui allie la musique instrumentale et chantée, le texte, la danse, la poésie, le théâtre, les décors, la lumière… Né en 1600, ce spectacle vivant, particulièrement coûteux, a longtemps été le divertissement des princes et le fief des classes dirigeantes. Florissant au XIXe siècle, on peut se demander s’il a encore un rôle à jouer dans nos sociétés actuelles, même si, par le canal de la télévision et du cinéma, il est capable de toucher des millions de personnes. Voilà pourquoi c’est un sociologue qui ouvrira le cycle avec une conférence sur « l’opéra et ses publics ».

 

2. Mardi 9 décembre 2014

Les opéras en Provence et les provençaux dans l’opéra
par André Gabriel, Musicien et professeur de galoubet-tambourin aux Conservatoires de Marseille et Avignon

André Gabriel est titulaire de plusieurs médailles d’or (alto, flutet-tambourin, musique de chambre, histoire de la musique), il est également lauréat de nombreux prix internationaux. Il se produit à travers toute l’Europe et a été invité pour deux tournées au Japon ainsi qu’au États-Unis. André Gabriel est musicologue, carillonneur, organologue ; il est également apprécié et reconnu pour ses nombreuses conférences et ses expositions dont la matière est fournie par ses collections.
Professeur, il enseigne à l’École Nationale de Musique Olivier Messiaen d’Avignon et au Conservatoire National de Région de Musique de Marseille.

 

3. Mardi 20 janvier 2015

L’opéra et ses voix
par Virgile Deslandre, Philosophe, violoncelliste, comédien, chanteur lyrique

Aborder la relation entre l’opéra et la voix, c’est pénétrer un domaine étendu dont les variables sont nombreuses. En fonction de la période, du pays, du compositeur, l’opéra utilise la voix de façon très diverse ; la technique vocale elle-même a beaucoup évolué dans l’histoire, de même qu’elle a longtemps différé selon les pays ; les tessitures non plus ne sont pas exemptes de telles disparités et évolutions. Par ailleurs, si la voix d’opéra est à la fois au service du texte et de la musique, elle ne l’est certes pas de la même façon que dans la mélodie ; de l’opéra-ballet à l’opéra-comique, en passant par l’opéra-bouffe et l’opérette ; de l’oratorio à l’opera buffa, sans oublier le melodramma, le lamento, la zarzuela, et le singspiel… les styles d’opéra sont légion et accordent tous à la voix un rapport au texte bien particulier – sans même parler des différences de traitement qui se trouvent au cœur même de ces pièces. En définitive, chaque chanteur, chaque chanteuse, selon sa tessiture, son époque, sa formation, son pays d’origine, selon le chef et le metteur en scène avec qui il travaille, selon la pièce qu’il aborde, fait subir à la musique ses inflexions propres, et fait vivre à l’auditeur, de façon toujours unique, ce spectacle dit « complet » qu’est un opéra. Dans ce dialogue toujours vivant entre la parole et le son, entre le théâtre et la musique, entre la fable et l’émotion, le chant et les chanteurs sont l’épicentre d’une émotion au service de laquelle toute la sensibilité de l’artiste s’exprime et se transmet.

Virgile Deslandre, ancien élève de l’École Normale Supérieure en Philosophie et diplômé d’HEC, a obtenu son Diplôme d’Etudes Musicales à Aix-en-Provence en 2003, en violoncelle, musique de chambre et solfège. Il a étudié le violoncelle baroque dans les classes de Philippe Foulon et d’Emmanuel Balssa (Conservatoire de Paris), après avoir accompagné en tant que continuiste la classe de chant de Jean-Christophe Henry au CRR de Lyon. Il a enseigné le français et la littérature française à Eton College (Royaume-Uni), et travaillé au sein d’un cabinet de conseil aux entreprises basé à Londres. Il est actuellement Doctorant contractuel à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas en économie (Paris). Il a publié son premier roman, Méditations Aquatiques, en 2011 ; il est également l’auteur d’un livret d’opéra tiré du roman Le rivage des Syrtes de Julien Gracq, en cours d’écriture par le compositeur Florent Motsch.
En parallèle de ses études, il est élève en fin d’études en chant lyrique dans la classe de Jacques Calatayud (Conservatoire du 9e arrondissement de Paris) et en chant baroque au Conservatoire de Levallois (classe de Caroline Dangin). Il est également comédien au Cours Florent. En 2007, il incarnait le Mangeur d’Ombre dans la pièce Le Repas de Valère Novarina (mise en scène de Jade Herbulot) et jouait Premier Amour de Samuel Beckett au Théâtre de l’Etoile à Lyon (mise en scène de Clara Hédouin). En 2013, aux côtés de Yoan Héreau, Roxane Chalard, Fabien Hyon, Robert Expert et François Le Roux, il récitait des poèmes de Verlaine à l’occasion du concert La Lune Blanche donné au CNSMDP. En 2015, il sera Blandaimé dans Bataille Navale de Jean-Michel Ribes.
Biographie mise à jour le 20/06/2014.

 

4. Jeudi 29 janvier 2015

L’opéra, ses transcriptions et ses paraphrases
par François-René Duchâble, concertiste pianiste et Sophie Marin-Degor

Sous la forme d’un concert commenté, le pianiste François–René Duchâble et la soprano Sophie Marin-Degor aborderont l’opéra sous l’angle de ses paraphrases et de ses transcriptions, qui ont notamment servi à faire connaître au grand public des œuvres comme celles de Mozart, de Rossini ou de Wagner. Une occasion aussi pour les interprètes de faire montre de leur virtuosité.
Sophie Marin-Degor est une cantatrice pour qui opéra, opérette, oratorio, mélodies ou répertoire contemporain sont autant de genres dans lequel elle excelle. Il y a quelques années (2003 et 2004), elle fut notamment nominée par Opernwelt parmi les trois meilleures artistes lyriques de l’année.
François–René Duchâble, concertiste de renommée internationale, a joué sur toutes grandes scènes de la planète, quittant la carrière, la compétition et la concurrence en 2003 pour faire apprécier la musique et la poésie d’une autre manière. Emportant son piano dans des lieux inhabituels, sur des sommets alpins, dans la prison de Clairvaux, au lycée de Vaison, bref là où il pense se faire entendre autrement. C’est un grand honneur pour nous d’être avec lui ce soir du 29 janvier.

 

5. Mardi 17 février 2015

Mozart, ce connu inconnu
par Mark Foster, Chef d’orchestre

Mozart, ce seul nom signifie la Musique et le génie. On croit tout connaître de celui qui fut aussi doué pour la musique instrumentale que pour l’opéra. Mark Foster, grand connaisseur du compositeur autrichien, qui a souvent joué ses concertos et dirigé ses œuvres  lyriques, veut nous le faire découvrir sous un autre jour.
Né à Melbourne en 1957, Mark Foster étudie le piano et la composition. A la fin de ses études, il est engagé comme chef de chant et assistant de direction d’orchestre à Zürich, Berlin et Lyon. Très vite, il dirige des formations prestigieuses dans toute l’Europe. En France, il dirige les orchestres nationaux de Lille, Bordeaux, Lyon ainsi que les Philharmoniques de Nice et Monte-Carlo. Pendant dix ans, il a été le directeur musical des Pays de Savoie. Ses divers postes lui permettent de montrer toute sa maîtrise allant du répertoire baroque à la musique contemporaine à travers des programmes innovateurs et audacieux.

 

6. Jeudi 2 avril 2015

L’opéra contemporain
par Gérard Zinsstag, Compositeur

C’est à partir de l’opéra qu’il a composé « Ubu cocu » que Gérard Zinsstag présentera la thématique de l’opéra contemporain.

Flûtiste de formation, Gérard Zinsstag étudie au Conservatoire de Genève, au Conservatoire de Paris et à l’Accademia Chigiana de Sienne. Après un parcours itinérant d’instrumentiste, il se consacre exclusivement à la composition à partir de 1975. Il se perfectionne alors durant les étés 1976-1978 à Darmstadt ainsi qu’auprès de Hans Ulrich Lehmann puis d’Helmut Lachenmann. Foris (1979) pour deux orchestres, qui synthétise ses recherches instrumentales sur les bruits, est créé à Donaueschingen et initie sa carrière en Europe. Sa rencontre et son amitié avec Gérard Grisey le conduisent à un approfondissement de la matière sonore et à une esthétique combinant spectres et hauteurs (Tempor, 1992). En quête d’une musique plus colorée, Gérard Zinsstag introduit davantage de matériaux expressifs et d’éléments de musiques extra-européennes (Expressivo, 1990 ; Tahir, 1995). Il cite également des œuvres classiques, comme en témoigne son opéra Ubu Cocu (2001), empruntant des motifs à Beethoven, Verdi et Tchaïkovsky. Les œuvres littéraires l’inspirent aussi, citons notamment l’Épopée des Gilgamesh (Gilgamesh, 2004-2007, commande d’État), ou encore les écrits d’Alfred Jarry, ou de Samuel Beckett (Bing, 2009). Une de ses récentes œuvres instrumentales, Lasciar vibrar (2010), émane d’une commande du festival Tage für Neue Musik, festival qu’il a fondé, en 1986 avec Thomas Kessler, et dirigé jusqu’en 1994.

Œuvres principales : trois quatuors à cordes, un opéra (Ubu Cocu), une épopée (Gilgamesh), des œuvres pour orchestre avec ou sans solistes, des œuvres pour ensemble de formations très différentes (avec ou sans électronique) et pour instruments seuls (voir liste des œuvres aux pages suivantes). Ses œuvres ont été jouées par des orchestres symphoniques renommés (Hambourg, Stuttgart, Berlin, Mannheim, Baden-Baden, Paris, Moscou, Vienne, Genève, Zurich, Bâle) et par des ensembles européens (InterContemporain, 2e2m, l’Itinéraire, Ex Novo, Collegium Novum, Court-Circuit, Athelas Sinfonietta, Klangforum, Divertimento Ensemble, Ensemble ASM de Moscou).

7. Jeudi 16 avril 2015 (en coordination avec les Chorégies)

Carmen et ses différentes versions
par François Castang, Producteur de radio, récitant, « conteur musical »

François Castang est ce qu’on appelle un conteur musical. Singulier parcours que celui de cet homme qui n’est pas issu du « sérail » musical. Il n’est pas musicien mais mélomane, et apprécie autant le rythme des notes que celui des mots. En 1984, il commence une carrière de producteur à France Musiques avec des émissions telles que Le Démon de Midi, Comme de bien entendu, C’était hier ou encore A portée de mots. En parallèle, il mène une carrière de récitant en accompagnant des solistes et des grands orchestres sur des oeuvres musicales qui incluent la voix parlée. Son « répertoire » couvre près de trois siècles de musique, de Debussy à Stravinsky jusqu’à des créations plus contemporaines.

Depuis décembre 2009, François Castang se consacre exclusivement à son activité de récitant.